Vente du moulin banal de Montjoie aux Voisard
d'Indevillers
24 janvier 1601: Un acte de Vente du moulin banal de
Montjoie-Le-Château passé entre Simon Caffot,
prévôt de Vaufrey, époux de Thiennette
Besançon, et la famille de Perrin Voisard et Barbe
Liépure.
Le moulin avait ses fondations posées sur les terres de
Montjoie, un petit village du Doubs peuplé aujourd'hui d'une
vingtaine d'habitants, arrosé par la rivière qui a
donné son nom au département.
Durant ces quatre cent ans, la succession descendante de cette
famille Voisard aura su nous sauvegarder le document dans le meilleur
des états de conservation. Par cette pièce, nous avons
pu remonter l'échelle de notre connaissance dans la
lignée des prévôts de Montjoie-Vaufrey, une
fonction détenue jusqu'à la Révolution par la
famille Caffot.
Gérard Hartalrich
A tous soit notoire et manifeste que, par devant moi
Perrin Dubail tabelion général en la seigneurie
de Montjoie souscrit, et, en la présence des témoins en
bas nommés, personnellement constitués en leurs
personnes, honnête homme Simon Caffot prévôt de
Vaufrey, et Thiennette Besançon sa femme,
d'autorité à elle nécessaire du dit
prévôt son dit mari, présent l'autorisant et
licenciant quant à faire passer l'acte souscrit audit nom,
lesquels pour eux, leurs héritiers, successeurs et ayant
cause, ont vendu, cédé, quitté, remis et
renoncé par la meilleure voie, forme et manière que
vente peut se faire, aux honnêtes hommes Jean-Henry
et Philippe Voisard dits "colons d'Indevillers" présents,
stipulant, achetant et agréablement recevant d'autorité
d'honnête homme Perrin Voisard et de Barbe Liépure,
leurs père et mère, présents, les
autorisant et licenciant pour ce faire audit nom achetant tant en
leur propre et privé nom, comme pour et au nom de leurs
frères communs, en biens entre eux, à savoir,
Thoinnat, Guillaumat et Jean Voisard, tous absents. Et lesdits
Jean-Henry et Philippe et leurs père et mère,
présents, stipulant comme il est dit, achetant pour eux, leurs
héritiers, successeurs et ayant cause, à savoir tous
les droits et actions à eux, que les dits Simon et Thiennette
mari et femme, vendeurs au dit nom et d'autorité susdite
peuvent compter et avoir tant à cause de leurs consentement et
ratification d'acheteurs, que autrement, au sujet du moulin sur la
rive du Doubs, finage gisant et territoire du dit Montjoie et au
chésal sur lequel le dit
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Guy.Sichler mai 2000
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moulin, fondé et édifié,
appelé communément le moulin banal de
Montjoie, ensemble et avec les courtils (jardins), oeuches
(chènevières), clos, ribe (moulin à
chanvre) et chésal de celle-ci, étant
près et joignant audit moulin avec toutes
appartenances devant y compter et appartenir; et par les
présentes décrétant en fait au dit
vendeur par autorité de Seigneurie de même que
toute ancienneté l'ont été tenus et
possédés tant par maître Hugues
Saulnier que par Antoine Saulnier père et fils,
selon que la dite appartenance s'était
comportée avec et ensemble de tout profits, rentes et
revenus, autorité et émolument en provenant,
et aussi d'autorité pouvoir facilité et
appartenance. Et d'autorité susdite à leurs
frais, faire et construire maisonnée audit endroit et
lieu dudit Montjoie et Vaufrey, tant longue que la
rivière du Doubs s'étend sans prendre d'autrui
d'aucun ou plusieurs particuliers des dites
communautés des dits Montjoie et Vaufrey; tous autres
instruments tant en rouages que écluses qu'autrement
y requis propres et nécessaires et pour les
commodités et avancement des dits acheteurs comme
aussi des dites communautés de Montjoie et de
Vaufrey; pour les dits bâtiments et édifices de
ceux-ci le moins dommageable que faire se pourra, au
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regard des commis de la seigneurie; et pourront les dits
acheteurs dresser une nasse sous l'écluse des dits moulins
pour pêcher, en faire leur seul et singulier profit sans
pouvoir le vendre ni engager, aliéner sans consentement et bon
vouloir de Messieurs les barons de Montjoie. Et est faite la
présente et perpétuelle vente pour le prix et somme de
huit cent vingt livres monnaie bâloise, et le cens ou hommage
accoutumé qui est de quarante sept livres dix sols et cent
florins, pièces à vingt-cinq sols bâlois pour le
dit consentement de mes dits seigneurs les barons du dit Montjoie
bien payés et satisfaits en donnant quittance par cet acte les
dits acheteurs en faisant la dite vente ci écrite et cinq
bichots, douze quartes bon froment belle mesure du dit Montjoie
à un chacun jour de fête de St. Martin d'hiver (11
novembre) les dits seigneurs, et en cas que l'un des dits seigneurs
décède ou que les deux décèderaient avant
le terme de six semaines après le dit décès ou
les dits décès faire reconnaissance aux dits seigneurs
successeurs du seigneur décédé. Comme encore
seront tenus les dits acheteurs pour eux, leurs hoirs, successeurs,
tenementiers des dits moulins, ribe, raise (scieries) en
dépendant, à leurs frais, moudre le blé et la
graine des dits seigneurs et de leurs successeurs seigneurs du dit
Montjoie, qu'ils feront chacun d'eux porter audit moulin, aussi de
faire et riber leur chanvre, raiser leur bois et le tout pour leur
usage seulement et partant quitte et étant une monnaie
d'échange de toute autre charge, servitude, hypothèque
et obligation quelconque des dits bâtiments et accointances
à condition néanmoins que les dits seigneurs et dames
dudit Montjoie, leurs dits héritiers, successeurs et ayant
cause ne pourront ni ne devront batir, construire ni édifier
autres moulin, ribe, vauche, raise, ni autre édifice à
user de rouage sur le dit cours d'eau du dit Doubs le long de la dite
rivière des dits Montjoie et Vaufrey, ni en autre endroit de
cette paroisse dommageable et préjudiciable au dit acheteur,
présent et stipulant que devant eux, leurs dits
héritiers successeurs et ayant cause, à savoir la
banalité et jouissance de toutes les appartenances, manances
et commodités ci dessus par le meunier
précédent, tenementier de celles-ci, leur
prédecesseur et continueront à payer les dits acheteurs
au dit nom et d'autorité susdite aux dits seigneurs communs du
dit Montjoie sans aucun autre commandement, la dite rente ou cense de
froment d'une quantité de cinq bichots douze quartes mesure
sus dite avec les dits cinq livres et demi de cire, cent livres de
chanvre ou cinquante sols bâlois pour lesdites ribes à
graines, en leurs greniers et forte maison du dit Montjoie au dit
jour de fête de la St. Martin d'hiver prochaine venant; et
ainsi d'année en année au dit jour
consécutivement et perpétuellement, signament (?) et en
conformité donner en déduction de la dite
quantité de grains annuelle fournie accommoder chacun des dits
seigneurs en cas de nécessité des proportions connues
de lui soit par cet acte de quittance soit par ratification de temps
pour les rabattre au dit meunier en temps et biens requis; et est le
tout sous le bon vouloir de mes seigneurs les dits barons du dit
Montjoie ensuite desquels les moulin, chesal, ribe, raise,
pièces et appartenances, fond, tréfonds, aisance et
leurs commodités les dits vendeurs et vendeuses
d'autorité ci-dessus pour eux, leurs dits héritiers et
ayant cause s'en sont dévêtus et pour tout s'en
dévêtent par cette lettre et les acheteurs
présents, stipulant ci-devant les dits noms ci-dessus pour
eux, leurs dits héritiers s'en sont dévêtus et
devêtent mis et mettent en leur vraie réelle et actuelle
possession jouissance et saisine par la vraie teneur et traduction
des présentes et moyennant quatre livres bâloises
à la dite Thiennette données par les dits acheteurs
pour sa location et consentement en lieu de pelleson (pelleterie ?)
le tout comme a été susdit, convenu et accordé
entre lesdites parties, promettant les dits vendeurs, même la
dite femme d'autorité ci-dessus pour eux, leurs dits
héritiers pour ce donné et touché par chacun
d'eux sur et au St. Evangile de Dieu étant entre les mains de
moi notaire et tabelion souscrit; d'eux légitime stipulation
sur ce intervenant la dite présente et perpétuelle
vente, conduire, garantir, défendre, apaiser au dit acheteur
les dits noms ci-dessus en leurs héritiers envers et contre
tous. Et tant en jugement que en-dehors sous l'obligation de tout et
singulier leurs biens meubles et immeubles présent et avenir
acquis et à acquérir quelconque que pourra, et à
défaut de l'entier accomplissement des présentes
lettres ils ont soumis à toutes cours et juridictions tant
spirituelle que temporelle, renonçant à toutes
allégations aux présentes contraires, même la
dite Thiennette d'autorité à elle nécessaire et
à tous droit, lois, privilège introduit ou à
introduire en faveur des femmes, en tout droit disant que
générale dénonciation ne vaut ici la
spéciale en témoignage de vérité les
présentes ont été reçues sous le sceau ou
seing manuel de mes seigneurs les barons du dit Montjoie, ou de
Messieurs leurs tuteurs en ayant la charge, que furent faites, lues
et passés au dit Vaufrey ce vingt quatrième jour du
mois de janvier l'an mille six cent et un, en présence de la
discrète personne de Messire Marc Voisard prêtre
chapelain au dit Montjoie, Naulbert Dubail, François Caffot
et Amould Delefils d'Indevillers requis et appelés;
extrait de la grosse, signé Pierre Dubail, tabelion,
tiré par nous les notaires soussignés et donné
pour copie sans préjudice de nos signatures, P. Fridarier
paraphe, Jacques Bouru notaire.
....... La présente a
été extraite d'une copie qui avait été
tirée de son usage original sans aucunes adjonctions ni
diminutions, collationnée de mot à mot et
trouvée consonante à l'original par moi Jean-Georges
Dubail Greffier de la Justice et Seigneurie de Montjoie;
Signifié copie au Sieur Luc Delfils procureur fiscal du
Comté de Montjoie et Vaufrey, partie adverse ce 7e septembre
1786.
.......Ainsi l'atteste J.G.
Dubail, greffier
Tiré de la copie sur parchemin faite en
1786 , l'acte original datant du 24 janvier 1601. (sans correction de l'orthographe)
D'après un document sorti des archives
privées de Madame G. Reynaud, transcrit par Guy Sichler,
lesquels nous remercions vivement pour leur aide et amabilité.
Les deux croquis sont également de G. Sichler
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En résumé, le moulin fut vendu le 24
janvier 1601 par Simon CAFFOT de Vaufrey à Perrin
VOISARD. Deux de ses fils, Philippe et Jean-Henry,
l'exploitèrent. La succession donnera les VOISARD
meuniers de père en fils: Claude, Ignace,
François, Joseph, Jean-Claude, Pierre Joseph,
Jean-Claude. Ce sera ce dernier qui bâtira en 1804 les
trois maisons que nous voyons aujourd'hui occupées
par la descendance actuelle. Des anciens bâtiments,
seuls les soubassements de la scierie sont encore visibles.
Ce sera le gendre de J.Claude VOISARD en la personne de
Victor-Ambroise PARENT qui reprendra en 1826 la gestion de
l'entreprise. L'activité de la meunerie se poursuivra
jusque vers les années 1860 pour ensuite laisser
place à la culture et l'élevage ainsi que la
scierie qui s'arrêta en 1900.
Gerard Hartalrich
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Etymologie CAFFOZ
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