.................A mon dernier soupir

 
Dès l'instant ou je fermerai les yeux,
Celui ou je rendrai mon ame à dieu,
Je veux, oui je veux que le Saint Pierre
m'ouvre toutes grandes les portes cochères
sur le blanc chemin et l'allée fleurie,
Toutes grandes, les portes du paradis.
 
Dès l'instant où je fermerai les yeux,
Je désire, ce sont mes derniers voeux
Que l'on me lise, poêmes de Deubel
Rimbaud, Verlaine et Joseph Quesnel,
Mais aussi, un passage de Louis Pergaud,
Qu'il me pardonne, c'était pour les Caffot.
 
Et ce jour, je sais qu'il arrivera
je demanderai en confesse, l'oeil bas
Tout simplement, avant de m'en aller
Que sonne le glas, sur un air Marley.
Je pardonnerai à dieu, père et mère
L'inoui séjour passé sur cette terre. 
 
Au maître des infernus, seigneur des damnés
je crierai bien haut, je l'ai assez enduré
Toi, satanique cornu fourchu, diableau
Toi l'enfer cauchemardesque, crachot
Eloigne tes foudres, je dépose dépouille
Vil crabier que tu ne tentes et ne souilles,
Horrible lazarus, fils maudit des enfers
Loin de moi ta souillure, lave de cratère. 
 
Ton rire sardonique, je l'entends déjà,
Tu m'habites, me plonges dans l'au-delà
Démoniaque Satan, fils du mal, mécréant
Semence du vice charriée sur baton blanc, 
Je refuse tes mauvaises oeuvres complices  
sorties des ténèbres, je fuis ton supplice.
 
Mais quel est ce saint du jour funeste,
Qui observe mon corps inerte, mon reste 
Au crématoire du lieu, qu'on y dépose
Humble dépouille dont la flamme dispose,
Le Passé, le présent et l'avenir, 
que suis-je en ce triste instant ?
Une douce pensée, sentiment pour finir, 
je calcine lentement et je t'attends.
 
Point d'enfeu, au jardin des reliques
m'en veux rallier les cendres épiques
De mes semblables, bonus homos futilis
Innoubliables disparus, ma bonne Chris.
Monodie au souffle léger, mistralou
regarde partir en fumée, le poète fou.
 
		Gérard Hartalrich
 

Copyright © décembre 2002.Gérard HARTALRICH

 
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