A Sébastien,

 

..Ton souffle disparu de ce temps impérieux alors que le soleil décoloré ne brillait plus à tes yeux. Tu es à présent aspiration divine remontant les courants obscurs charriant dans ton sillage la pâmoison du cœur quand cette vie de lumière que tu convoitais s'est éteinte une nuit au chant de la mort.
..Un jeune être qui s'enfuit chercher par les nuées déchirantes, la douceur d'une main caressante, et ceux qui te pleurent resteront figés d'incompréhension, abandonnés dans cet air qui t'aura baigné de leur amour sous ce même ciel toujours autant grisé de nuages à concevoir de nouveau leur raison de vivre.
..Happé par ce tourbillon qui hantait ton destin, tu as abandonné ta vie de chair greffant l'espoir d'un renouveau dans le nébuleux éternel afin qu'il anime ta nouvelle ascension. Il y a certainement pour toi là-haut une récompense qui te fera oublier la géhenne de ton vécu en ce champ des tortures, afin t'absoudre du morne accablement qui pesait sur ton âme. Le grand Maître des actions exploite son jardin, qu'il nous faut accepter et l'ensemencement et l'injuste cueillette et que l'homme restera sa suprême rose. Celle embrumée de noire est certainement la moins joyeuse, mais ce jour, le velouté et l'épanouissement de la corolle se magnifient par le doux regard de l'enfant affectueux à sa maman qu'il aura rejoint dans les cieux.
..Je ne saurai définir vos douloureux martyrs, je vous connaissais si peu, il m'aura suffit d'écouter vos plus proches, vos aimés, évoquant les brisements dans la persécution des âmes. Vos départs ne m'inspirent pas au poème, point d'alexandrins ou de quatrains fastueux, non, je me veux demeurer humble devant la bravoure du geste, se soustraire à la persécution, quelle glorieuse épreuve.
 
ARTAL

 

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Je suis la plaie et le couteau et la victime et le bourreau
Baudelaire

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Copyright ©mars 08.Gérard HARTALRICH (Artal)