Œillade    
 
			
La civilisation avide détruit ses richesses
Peu soucieuse dans l'avenir bien incertain
De sa descendance, la nouvelle espèce.
Ses fils s'épanouiront hors le sein  
La mère nourricière qui les délaisse
Tend les deux bras, invoque morphin.
 
Luxure libertine, prends garde à toi
Une planète déconfite, en haillons ira
Réclamer la prose de maître Hugo,
Les Gibus, tous les Velrans d'Pergaud
Verlaine, Rimbaud, d'Aède à l'Hérédia.
Gardez crainte de grâce, ayez foi.
 
Tendresse maternelle, tu pleures tes fils
Pauvres adolescents, qu'en as-tu fait ?  
Aux geôles de l'état, ils dépérissent
Pour n'avoir su, bien les éduquer.
Sous le gris plâtras, ils vieillissent
Ces temps heureux, lumières de paix.
 
Te souviens-tu, la délivrance fœtale  
Ce grand moment du bonheur total 
L'enfant nouveau né, ses pleurs 
Blond, brun, si petit, déjà rêveur ?
Celui qui refera le monde, demain 
Dis, qu'en as-tu fait, du chérubin ?
 

 Gérard Hartalrich

 

 

Copyright © mars 2002.Gérard HARTALRICH

 

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