Poème Tertullien (voir démoniaque)

 
Ô mimi mon art me transporte
Vers des inconnus que parfois tu déplores
Suis-je ton col des fourches, le despote
Potence ou rouet, je t'implore,
Suivre ma voie, sache, je suis fort
Que sans mes chemins ou sentiers
Je suis nul et rien là, si je ne vais.
J'avance au brouillard des aînés
Sur une route que mes pères ont tracée.
 
Ô mimi, mon art tu implores
Poser la plume, en finir de mon sort
Te voir dépouillée, gîter à l'horreur
Par le verbe qui a fait tes malheurs
Sans religion aucune, nulle robe ni bure
Alors que tintent les angélus d'usure
Aux douces rimes, te voir en décime
Toi l'envers du poète, en déprime
Par celui qui tente, atteindre les cimes.
 
Ô mimi si tu savais, ton homme fatigué
Compose ce soir, veux tu sortir du noir ?
Combien d'années m'aura fallu donner
Pour enfin y trouver la plume, l'espoir,
Porter sur la feuille, tous ces mots rimés
Alors que par pudeur, au son du bourdon
Je sens s'accrocher en moi la peur, pitié
Au désir qui me hante, composer de bons
Sonnets d'amour et autres belles rimailles.
 
L'étoile au sillon y porte la semaille
Que l'infante muse ensemence à cœur
Aux aurores des nuits blanches et mails
Venus s'unir, y donner au verbe douceur
La rime chaleureuse en instant vaporeux
Afin d'y armer la patience au temps qui va
Vers celui qui court en un désir heureux.
Car l'amour comme la mort, nul ne saura
Au moment, jour et heure qu'il adviendra.
 
Je veux y vivre mes saisons aux années
Celles qui m'aiment et celles pas, j'envie
La douce main de ma fée, ils me plaît
Vois-tu, d'y composer mes vers en sursis
L'amour et l'oubli, les saints, la famille.
Y concevoir, mes toutes dernières années
En l'intérieur des beautés où scintillent
L'art et la poésie, l'amour de mes récits
La joie, jeunesse et poétesse, j'aime ça.
 
Ô famille si tu savais, l'homme que je fais
Si proche et pourtant combien de sentences
Par l'art des damnés, gardien des secrets
Ai-je vécu au son des chuchoteux silences
Que l'on m'a fourvoyé, liens de mes sangs.
Vous que je n'aime pas, je vous aime
Vous qui m'ignorez, voyez, sortez du rang
Y emplir votre monde de bonnes gens.
Ma vie, je l'inspire, je récolte et je sème.
 
Ô famille, si tu savais tout ce que je sais
Les dimanche seraient des plus monotones
Et les fêtes et jours de gloire aussi tu sais !
Ou plus d'un irait en approche des automnes
Y cueillir la branche aux feuilles jaunis
S'en flageller jusque, aux entrailles bannies.
Douze mois font une année, il est là le secret
Il ne reste plus qu'à calculer, par addition
De qui détiennent, secrètement la solution.
 
A mes plus proches, quelques années patience
Un père ne sera qu'un homme dans cette vie
Le lui reprocherait-on ? l'heure tourne, avance
Au temps qui va, qui court et celui de l'oubli
Finir ce reste, poussière, au fond, humide trou
Je reposerai dit-on, de l'éternel repos et bien,
Avant, désire courir la plume comme un fou
En la vierge feuille, afin d'y donner ô combien
Par milliers de lignes enserrées, en des cœurs
De femmes, de filles dans l'horreur des vices
Tournoyer en fusion des amours enchanteurs
Valser la dernière danse, finir en lit supplice
Me donner à celles qui voudront dans l'heure
Le corps et son fruit, la fougue de mes nuits.
 
Ô si vous saviez chers enfants si je vais mieux
Après cela, vous diriez vous, que penser de lui
Il a été un homme, fait sa vie, était- il heureux ?
Oui, je l'ai été, par ma jeunesse, mes amours
Pour votre maman, et les autres aussi, enfin,
C'était ça mes jours, c'était ça mes nuits, folie.
Et celui où j'avais compris qu'il fallait écrire
Tout ce qui était en mon cœur, en ma tête aussi
J'y ai saisi ma plume et ma Muse s'offrir
A mes inspirations, à son immense amour
J'ai tendu vers vous, les rimes les plus belles
Que vous n'avez su ouvrir, ni mises en cours
Qu'attendez-vous, voir ma chaise vide ? réel
Hommage au père parti, des larmes et pleurs
Et puis l'oubli. Allons mes doux et chers enfants
Regardez l'avenir, il aura des jours meilleurs.
 
Pardonnez-moi monsieur le curé, j'y étais pas
Ni aux matines, encore moins aux grandes,
Les belles, celles des dix heures, comme ça,
Je ne vous aimais pas, je donnais l'offrande
Aux filles de joie, putains, gamines de cœur
Les pures aussi, celles qui gouttaient l'hostie
En votre demeure, aux messes des minuits.
 
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Hommes de loi qui faites quoi, punir les petits
Aux oubliés, les affamés, que la prison est belle
Verrais-je ce trou humide placard des sursis
Pour avoir péché, cette enfant je l'ai bien éduquée
E t votre grâce me voir ainsi mal condamné.
Oui, je confesse l'avoir aimé, dans sa poésie
Par la rime qui me convenait, je la savourais
Cette enfant, mon Dieu, pourquoi l'as tu fais ?
Née au jour et mois, pur hasard, de mon géniteur
Est-ce condamnable d'aimer un ange, un cœur ?
 
Au onzième jour du deuxième mois ouvrait les yeux
Celle qui aura porté ma plume dans sa valeur
Je la vois si petite et si belle aux bras de ceux,
Parents chanceux qui l'élèveront dans leurs cœurs
Tout petit bébé que les cris duquel devenaient poèmes
En un bel amour de toute jeune femme qui aime la rime
Donnant la puissance aux mots, au verbe et aux thèmes
Je là transformerai de muse en déesse, finir en ma fille
Non pas virtuelle, car comme mes filles, je l'aime.

 

 
Artal (oct 05)

 

 

 

 

Mes poèmes tertulliens y trouveront une fin en ma fin...Je les composerai ce jour mais encore demain, il se pourrait.

 

 

J'aventure ma destinée
Par la plume et sa trainée.
G.Hartalrich (Artal)

 

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Copyright © octobre 2005.Gérard HARTALRICH