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Supplique à Bes.
Dans le cruel déroulement du temps, les ombres passantes se dévoilent
lentement puis s'en vont tout aussi intriguantes dans l'oubli froid,
d'une terre répugnante. Bes mon bon génie, protège le vulgaire
des influences malignes, c'est un frère qui ce soir devra partir au
sacrifice, victime du martyre, la mort au supplice afin d'atteindre
le semblable dans ses chairs, épandage carné, pour y enfouir au tombeau
une existence si belle au plus commun des pitoyables mortels, fils
importuns. Une ceinture d'artifices répandra le sang, la fierté de ses
proches je la comprends mais lui, jeune faraud sémillant, beau, finira
de même, déchiqueté en lambeaux. Bes mon bon ami, quelques milliers de
soudards s'activent à la rixe dans l'ancienne Mésopotamie, combien perdront
la vie ? Le géant se glorifie mais pivot maléfique frappé d'anathème il
suscitera quant à la mort des innocents dont l'exécrable cause saura
engendrer. La névrose criminelle se forge au fil du temps, va la vitalité à
la mort, l'humain décroit. Bes je te prie, astreint le béliqueux à la paix,
béatitude pour l'humanité. Si l'empennage de ton esprit est vigoureux,
projette vers l'absolu, une impulsion de ta divinité. L'oeuvre n'est pas
finie.
Gérard Hartalrich
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